Transformation Digitale et Résistance au Changement

Mar 06, 2017
Social Impulse

La résistance au changement est connue des cercles de consultants pour être un phénomène incurable. Lequel nécessite beaucoup de patience et de persévérance pour aboutir à un résultat probant. Beaucoup de sensibilisation, de formation et d’accompagnement sont souvent nécessaires sans véritable gage de réussite à la fin. Il faut dire que c’est quasi impossible de changer un individu ; que dire alors d’un groupe, d’une équipe ou d’une organisation ? Quant à la Transformation Digitale, elle donne aussi du fil à retordre aux consultants de tous bords mais aussi aux organisations. Force est de constater que plus ces dernières sont grandes et anciennes, plus cette transformation rêvée devient compliquée, surtout quand elle est considérée comme finalité.

Nous avons la chance en ce qui nous concerne d’être en mode startup et d’être boostés d’une bonne dose de Lean Management, d’agilité et d’outils collaboratifs 2.0. Nous avons pu partir d’une page blanche et pris le virage digital au sérieux dès les premiers jours mais cela ne nous sort pas de l’auberge pour autant et nous restons à la merci du tsunami digital qui change d’allure et évolue tous les jours. Si les petites entités ont la carte de l’agilité à jouer comme c’est le cas d’un avion biplace, les grosse boîtes, à l’image d’un A380 ou d’un Titanic, ont le désavantage de la taille mais aussi l’expérience et les moyens comme atouts, ce qui n’est pas négligeable. Les deux univers ont un point commun : le vertige face à l’évolution exponentielle du digital.

En effet, théoriciens et entrepreneurs sont pour le moins que l’on puisse dire perdu face à cette évolution et ne savent pour la plupart par quel bout l’entamer. Les premiers ne pouvant théoriser la pratique (Talk the walk) et les deuxièmes étant dans l’incapacité de pratiquer la théorie (Walk the talk), qui devient vite obsolète, tellement le monde digital va vite. La solution : Y en a pas. C’est sauve qui peut ou encore « attrape moi si tu peux », dixit le Digital ! Je viens d’ailleurs de sortir d’une conférence-débat fort intéressante sur le sujet où il s’agissait de l’axe devenu incontournable de l’ubérisation mais aussi de législation et de protection des données, de contenus sur les nouveaux média, de Data, de BI,… le spectre de la digitalisation pouvant en effet être élargi à l’infini. Mais au-delà de tous les termes techniques et l’intelligence artificielle qui se cache derrière, et qui risque de faire peur à tous les technophobes bien installés dans leur zone de confort (et même aux technophiles les plus avertis), il s’agissait et s’agira surement d’un côté souvent oublié de cette ruée vers la technologie : l’humain.

L’humain avant tout !

D’archétypes anciens comme le BtoC ou le BtoB, nous devrions passer avec le digital à du HtoH (Human to Human). Heureusement d’ailleurs car le Digital ne devrait pas être la finalité mais un moyen pour renforcer et créer du lien, optimiser les processus et aller vers des modes d’organisations plus « nobles » et porteurs de sens. Le Digital et toute l’intelligence artificielle qu’il sous-tend ne devant être qu’un moyen parmi d’autres dans une logique de transformation plus globale menant vers plus d’équité et plus de prospérité et de résilience. Cette transformation, tout court, devra englober, en entreprise du moins, tous les leviers stratégiques à savoir : Le développement durable, la RSE (Responsabilité Sociale et Environnementale), l’efficacité et l’efficience énergétiques, l’économie Circulaire,… En faisant du digital dans une vision unique et unidimensionnelle, l’organisation se condamne à subir les affres d’une intelligence nouvelle qu’elle n’est pas sure de maîtriser à moyen et long terme, d’où un taux d’échec élevé dans le déploiement de telles transformations techno-techniciennes.

Une transformation dans un monde digital

C’est la clé à mon sens : voir le Digital autrement que par le prisme Digital. À l’instar de la stratégie où on ne peut parler de stratégie digitale mais de stratégie dans un monde digital, on ne devrait pas parler de transformation digitale mais de transformation dans un monde digital. Une des pistes de solution est indéniablement le fait de tabler sur les générations montantes comme l’avait très bien anticipé des pays vedettes comme Singapore mais il reste difficile de restructurer tout un système, et ce sur les deux échelles macro et microéconomique. Difficile mais pas impossible et cela reste du domaine du probable voire du fortement souhaité pour des pays émergents comme le Maroc à commencer par son système éducatif et son tissu industriel.

Une transformation digitale doit être durable, circulaire et inclusive. La finalité n’est pas le digital mais le mindset.

L’intelligence à la rencontre de la transparence

La résistance au changement se verra alors dissipée sous l’effet du HtoH mais aussi le sens que l’organisation est capable de donner à sa transformation. Pourquoi une entité entamera-t-elle un tel processus, une telle mue? Vers quoi veut-elle aller ? Quel est son projet au sein d’un monde digital ? Un exemple de salve de questions par laquelle une organisation souhaitant se transformer devrait commencer. Viendra ensuite le comment qui englobe stratégie et méthode pour arriver à la finalité dont le pourquoi est le seul garant. Ce n’est pas un exercice facile car il nécessite beaucoup de transparence et de confiance en interne afin d’éclaircir la vision. Les modèles holacratiques et autres frameworks basés sur l’intelligence collective sont là pour désiloter et mettre à plat les organisations qui ne peuvent se transformer dans l’opacité et les ténèbres de la rétention d’information et la culture du conflit. Un exercice qui nécessite aussi beaucoup d’intelligence afin d’être informé et inspiré d’expériences de par le village planétaire. Nous ne pouvons en effet tolérer de répéter les mêmes erreurs commises par d’autres organisations étant interconnectés et ayant la possibilité de faire de la veille et du Benchmark en temps réel.

La résistance au changement se verra alors dissipée sous l’effet du HtoH mais aussi le sens que l’organisation est capable de donner à sa transformation.

La résistance au changement n’a dès lors plus lieu d’exister puisque l’on demandera aux personnes et aux organisations non de changer mais d’évoluer, non vers, mais avec le digital qui pourrait si compris et adopté à bon escient constituer un accélérateur de performance et un leitmotiv d’efficience. Un sacré challenge connaissant la psychologie et la sociologie de l’être humain. Ce n’est aussi que partie remise pour démythifier un concept, sa stratégie et son déploiement mais aussi se rendre à l’évidence de sa complexité dans un monde en mutation à l’instar de notre société post-moderne liquide où le meilleur moyen de changer serait in fine de rester soi-même !

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